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Image de scouts en action Don Entete
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Historique du groupe…

Discours prononcé par David Boudreau à la Sainte-Catherine en 2009 pour les 70 ans du groupe

La Guynemer a eu cette année, 70 ans. Ce que je vous propose ici est un court récit des 70 années de la vie du groupe que j’ai pu tirer de certaines archives et de quelques entrevues. Ces archives contenaient certains cahiers des anciens Chefs de troupe, des pamphlets, ainsi que des journaux qui étaient publiés par les patrouilles et par la troupe. Fini pour les archives, place à l’Histoire.

Les débuts

Le Groupe Guynemer est né officiellement le 17 avril 1939, en s’affiliant à la Fédération des Scouts Catholiques de la Province de Québec sous le nom de « Groupe Stanislas », dans le collège du même nom ouvert un an plus tôt. C’était le 55e Groupe scout de Montréal. Cela se passait quelques mois seulement avant que le Canada ne se range aux côtés de la Grande-Bretagne pour entrer dans la deuxième guerre mondiale. C’était une époque où les automobiles étaient encore peu courantes dans les rues. Où on déneigeait les trottoirs l’hiver avec des chevaux et des grattoirs à neige. C’était l’époque de la fin de la grande Dépression, où beaucoup de gens avaient perdu leur emploi, c’était une époque où pas tout-le-monde avait la chance d’être scout. Mon grand-père me rappelle souvent comment les scouts, souriants dans leur bel uniforme, lui causaient de l’envie.

Le Groupe Guynemer est donc fondé dans ces temps moroses par Guy Boulizon et sa femme Jeannette Boulizon, engagés comme professeurs laïcs lors de l’ouverture du collège Stanislas de Montréal. Ce serait le directeur du collège Stanislas de Paris, l’abbé François Méjecaze, qui aurait fortement suggéré à Guy Boulizon de fonder une troupe scoute à l’image de celle existant à Stanislas de Paris Boulizon croyait même naïvement que cela ferait partie de sa charge de professeur !

Le modèle de la troupe Guynemer au collège Stanislas d’Outremont fut, selon les dires de Guy Boulizon, organisé « dans la plus pure ligne du scoutisme français ». Pas étonnant puisqu’il avait été chef de troupe pendant six ans à Paris. D’ailleurs, comme l’avait proposé M. Méjecaze, la troupe garda le nom de sa cousine parisienne (la troupe du collège Stanislas de Paris), les mêmes couleurs de foulard, la même devise et le même patron, Georges Guynemer, aviateur et héros de guerre. La troupe marchait si bien que 7 ans après sa fondation, on dû en ouvrir une deuxième pour permettre à l’affluence de jeunes qui voulaient être scouts de pouvoir s’épanouir dans le cadre de la troupe. La troupe Lyautey, la troupe sœur de la Guynemer, est fondée en 46 et sera dissoute en 57, après une vie de seulement 11 années, faute de direction pour la troupe.

Contexte historique

Le Groupe Stanislas semblait plutôt libéral pour le Canada français des années 40 et 50. Il a été un des premiers à y posséder une meute de louveteaux animée par une cheftaine, Jeannette Boulizon. Cela était la norme en France, mais pas au Canada français où le cardinal Villeneuve avait déclaré en 1937 (deux ans avant la création de la meute à Stanislas) : « Ce serait s’engager dans une voie peu sage d’admettre des femmes dans le scoutisme ». À l’époque, Jeannette Boulizon ne pouvait pas même être assise à côté de l’aumônier dans une voiture !

Cette première époque du Groupe Stanislas (de 1939 à 1970) évoque beaucoup de mythes et d’histoires plus grandes que nature. Par exemple, un camp d’été fait sur des radeaux, un grand jeu qui dura trois jours et trois nuits, et même un camp de patrouille… en Haïti ! Conduit par Jacques-Yvan Morin, le chef de patrouille des Élans de la troupe Lyautey qui sera plus tard ministre du cabinet Lévesque. Ce camp avait été organisé dans les règles de l’art : subventions, mission officielle, délégation, visas et cérémonie remise de décorations, par la patrouille, au président haïtien et à l’évêque de Port-au-Prince. Ces décorations modestes consistaient en un simple ruban avec une pomme de pin. C’étaient les débuts prophétiques de la Francophonie a pu noter avec humour Guy Boulizon (le fondateur du Groupe) dans son livre consacré à Stanislas…

Plusieurs noms qui résonnent encore dans l’histoire du Québec et du Canada se mêlent à l’histoire du Groupe de l’époque. D’abord Guy Boulizon, le fondateur du Groupe : écrivain, pédagogue, musicien et co-fondateur de Stanislas de Montréal. Il portait pour les scouts le totem de Lézard Dramatique. Le cinéaste Claude Jutras, au nom totem guerrier de Porc épique, a été plusieurs années assistant chef à la troupe Lyautey. Jérôme Choquette, avocat de renom et ministre libéral sous Bourassa (se nomme pour nous, Wapiti Pompier) a été chef de troupe en 47-48. Jacques Parizeau (alias Belette Vibrante) l’a suivi comme chef de troupe en 48-49. Jacques Parizeau avait commencé son parcours scout (et historique) en étant le premier sizainer des loups gris de l’histoire de la Guynemer. Plus tard, devenu chef de troupe, il aurait dirigé la troupe « avec autorité et prudence budgétaire ». « On mange pas gras, aurait dit un scout à l’époque, mais le camp est formidable. »

Seconde vie

Ce premier élan de la Guynemer s’arrête vers les années 1970, pour des raisons qui me sont encore inconnues, les archives de cette période sont presqu’inexistantes. Le groupe va cependant renaître quelques années plus tard sous l’impulsion des Sicard, Fernand et Maggy qui s’impliquèrent au Groupe Guynemer jusqu’aux années 2000.

La renaissance du groupe n’a semble-t-il pas été de tout repos ! Tout l’équipement de la première phase de la troupe avait disparu. Ils se retroussèrent donc les manches et organisèrent une grande tombola qui permit d’acheter le tout premier matériel. Pendant un an la Guynemer occupa les locaux du « petit collège » à Stanislas. Les Sicard sentaient cependant bien une réticence de la part du collège Stanislas à leur prêter des locaux. Un an plus tard, Stanislas refusera net de prêter des locaux aux scouts pour leurs activités. L’Histoire de la Guynemer se sépare de celle du collège Stanislas. Pour trouver des nouveaux locaux, les Sicard feront des tractations auprès du service des loisirs d’Outremont. La ville acceptera de loger le Groupe à condition que la Guynemer ne soit plus seulement le groupe exclusif des élèves de Stanislas, mais de tout Outremont. Dans leur quête d’un nouveau local, les Sicard ont pu compter sur l’aide de Jérôme Choquette, maire d’Outremont, lui-même ancien de la troupe.

Déplacement au Centre-des-Arts-et-Loisirs

Environ en 1972, le groupe s’installe dans un local à la ville (l’immeuble de l’actuelle école Buissonnière). De plus, en 1975, le Groupe Guynemer adhèrera à L’Association des Éclaireurs Baden-Powell pour son scoutisme traditionnel (Association qui est toujours la nôtre, bien qu’elle ait changé de nom). En 1977, le Groupe Guynemer voit l’apparition des filles : louvettes et guides font désormais partie du portrait du Groupe.

Les années 1970-1990 constituent une époque glorieuse pour la Guynemer : le Groupe roule avec des effectifs pleins. Il y a environ 150 jeunes en son sein. Bon an, mal an, il y a quatre patrouilles dans les troupes scoutes et guides, quatre sizaines aux louveteaux et aux louvettes. Ici aussi, on trouve dans les mémoires, la trace de profonds mythes scouts. En autre, mentionnons un camp de voiles où les scouts auraient construit eux-mêmes leur bateau à voiles pendant l’année entière pour les utiliser au camp qui consistait à se déplacer d’îles en îles.

J’aimerais saluer d’ailleurs l’effort de certains Guynemériens de cette époque qui étaient de fiers membres de la Scoutmaîtrise et de la meute, alors que notre actuel chef de groupe, Antoine Beaubien — encore en culottes courtes — vivait ses premières expériences scoutes. Messieurs : Couillard, Tessier, Monet, Provost…

Pour finir, l’époque récente, qu’il ne convient pas non plus d’oublier…

En 2002, les temps sont durs pour la Guynemer, puisque la troupe ferme : il n’y a presque plus de jeunes, les Maîtrises sont épuisées et découragées. Ces temps sombres sont aussi des années de lumière puisque Koala et Aigle (les chefs de patrouille du Karibou et de l’Épervier de la défunte troupe) décident de repartir la meute, bien qu’ils soient âgés de seulement 16 ans ! Cette renaissance fait qu’encore aujourd’hui une équipe de maîtrises et de vieux loups continue de FAIRE FACE et de faire vivre le Groupe Guynemer.

On l’a vu brièvement ici, on le verra mieux, tantôt, le scoutisme n’est pas simplement un jeu pour adolescents en culottes courtes, mais un mouvement qui a formé des générations et des générations de jeunes en les initiant au leadership, au plein-air, aux vitamines scoutes, au partage et à la fraternité humaine.
Tout comme pour le scoutisme, le Groupe Guynemer possède une Histoire plus grande que nature. J’espère que les louveteaux et les éclaireurs ici présents auront retenu quelque chose du récit de ces 70 années. En tant qu’avenir du groupe, c’est à vous d’abord que je m’adressais. Merci !

 

David Boudreau, David@55guynemer.org
Chef de Groupe

 

 

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Groupe Scouts et guides de la 55e Guynemer d’Outremont, depuis 1939